Édition littéraire, Outre-Jour est un recueil regroupant plusieurs auteurs et autrices contemporains, sous la direction de Félix Basset. Préfacé par Laurent Devèze, philosophe et directeur des Beaux-Arts de Besançon, postfacé par Antoine Bozzoli, philosophe et Disc Jockey des nuits entre-autres bisontines. La conception graphique s’est divisée entre deux professionnels de la chose, à savoir Guillaume Roux (@Rouxcoucou) pour la jaquette, et Jean-Baptiste Villette pour la confection, le prototypage et la mise en page. Le livre a aussi été illustré par Alexandre Jouffroy, artiste contemporain et membre de l’Association Feu, centre indépendant d’art et d’édition à Besançon (où vous pouvez retrouver Outre-Jour en vente).

Le premier numéro de cette série traite du thème de la nuit et / ou de l’ivresse, comme potentielles brèches dans le contrôle minuté du Jour. Vécus comme des temps d’oxygène, des temps à vivre à fond, des temps loin de la pointeuse. Avec le paradoxe que le milieu de la fête est toujours plus contrôlé, et que les normes du jour y pénètrent la nuit (par l’entremise du lampadaire ou du néon ?), qu’on ne s’y relâche plus souvent qu’en prédations et en ivresses tristes et guindées. Finalement, qu’est-ce que nous avions à dire, de la nuit et de l’ivresse ?

Je ne saurais mieux résumer l’intention qui était la mienne que dans ma note, qui commence l’ouvrage :

Outre-jour est né dans les toilettes, dans le creux d’une tête, le lendemain d’une fête. Outre-jour, c’est une tentative de parler de ce qui échappe aux lois du diurne, ce qui est au-delà et aussi tout contre, et d’en parler à plusieurs, à bâtons rompus, et cela qu’on prose, poétise, rappe, témoigne, philosophe ou tourne autour de quelque façon. Pourquoi écrire sur la nuit ? La nuit, c’est peut-être moi qui la fantasme, mais j’y ai verbalisé mes plus beaux rêves, assouvi mes plus intenses désirs, refait le monde une pinte de fois et quand je marche en son sein, je m’y sens vivant, bien là, présent, hors du temps, fébrile car à découvert, invincible dans l’ombre de l’horizon. On y ouvre sa gueule, on y boit, on y pisse, on y mange, on y rit, on s’y bagarre et on s’y réconcilie, c’est ce que la pointeuse ne contrôlera pas, c’est le chaos, c’est la vie. Encore n’est-ce que mon avis, alors j’ai voulu ceux de mes proches, de mes ami.e.s, de ceux et celles dont j’estime l’art et la personne, de ceux et celles dont j’aimerais vous partager le travail, à vous autres.

À mes camarades, à mon ancien directeur, à mes potes de lycée, mes ami.e.s des beaux-arts, à tous ceux et celles qui ont participé à cet ouvrage, merde ! Merci ! À toi l’ami.e, à toi l’inconnu.e, à tous ceux et celles qui lisent ces lignes, je vous dis à bientôt au détour d’un verre et je vous souhaite une bonne lecture !

Outre-Jour. 1er Numéro. Publié en décembre 2019.